Métissage – édition spéciale

 

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Je, tu elle ou il… je suis « moi », je me définis grâce à la reconnaissance des autres, ce regard posé sur moi nécessaire pour vivre. Je suis fille ou garçon, petit ou grand, d’ici ou de là, je suis ce que les rencontres et les événements me font, je suis ce que ma mère et mon père m’ont donné comme ADN et gènes, je suis un ensemble de neurones qui n’en finissent pas de bouger et de changer. Je suis : mes muscles, ma tête, mon sexe et mes jambes, ventre et peau, sentiments et psyché, cultures, rêves et détresses…

Je suis unique et je fais partie de l’humanité. Les citoyens « vivent ensemble », pour le meilleur et, confrontés aux difficultés sociales et économiques, parfois pour le pire. Alors, on craint la violence des oppositions entre communautés et la pratique du bouc émissaire. Dans le même temps, s’invente une nouvelle culture de partage de singularités, un véritable métissage qui bouscule toute la société.

Le métissage, c’est quoi c’est qui ? Globules s’interroge…

Pour cette édition spéciale de Globules, un premier reportage avec des jeunes de l’ASPIC de St Étienne du Rouvray, leurs animatrices et éducatrices. Nous partageons ici leurs idées et sentiments mêlés, sous forme de témoignages personnels et d’un texte collectif, que nous avons proposés au Dr Nora Bouaziz qui y ajoute sa réflexion de psychiatre ayant une expérience de consultations transculturelles. Se posent les questions suivantes : suis-je complètement de ce pays-ci – si l’on me fait sentir que je ne le suis pas tout à fait parfois ? Ou bien suis-je de ce pays –là – celui d’où sont venus mes parents, si l’on ne m’y reconnaît pas ? Pourtant, je suis fait (e) des deux pays, pourquoi choisir ? Et aussi cette remarque qui a sa pertinence : on se mélangeait plus avant qu’aujourd’hui, est-ce la peur qui nous pousse dans une communauté plus que dans une autre ? Pour Nora Bouaziz, « ces beaux écrits témoignent de ce que vivre entre plusieurs mondes peut avoir de vivifiant, de créatif, d’intense, mais aussi d’intranquille… ».

Tout individu est métis, car toute personne est le fruit des rencontres qu’il fait et des événements qu’il traverse. Ainsi, notre identité n’est pas la même selon les moments. C’est ce que nous apprend Nada Afiouni, chercheuse à l’Université du Havre, lors d’un échange avec Chantal, Melly et Tania. Le métissage, dit-di-elle, est « la volonté de sortir de la dichotomie noir/blanc. Il faut revendiquer notre métissage ».

On pense, simplement, que le métis est un enfant couleur miel issu de parents dont l’un est noir et l’autre blanc… Les prises de conscience viennent après les questions et les réponses ; Globules s’est laissé bousculer dans ses certitudes ; nos êtres sont plus complexes que cela. Un être, comme un groupe social, ne se réduit pas à un seul des aspects qui le composent. Il est un ensemble, un tout. Etre métis peut avoir ses difficultés et ses avantages, en étant bien dans sa tête et ses baskets ; être tout simplement ce que l’on souhaite être. Etre non pas une part mais l’entier, non pas choisir une seule partie de soi, mais être un tout et faire partie d’un tout.

 Christine Ternat et Laurianne Bandia 

 

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