Edito

Idem, le même, est la racine du mot IDENTITÉ. L’identité rassemble ceux qui se ressemblent, ceux qui partagent des choses communes. L’identité d’un individu est aussi ce qui le distingue d’une autre personne. Le mot « identité » est à la fois ce qui unit et ce qui différencie. Difficile donc de définir l’identité d’un pays même si nous avons tous à l’esprit des images précises sur telle ou telle nationalité. Rien n’est figé. C’est l’histoire d’un pays et ses habitants qui la définissent. Le sentiment identitaire que nous avons en France aujourd’hui n’est sans doute pas le même  que celui ressenti par nos grands-parents ou de nos arrières grands-parents… Être français.e, est-ce se rassembler derrière des valeurs communes ? Est-ce vibrer avec les mêmes émotions lors de la coupe du monde de foot ou face à l’incendie de Notre Dame ? Laurine, Rosemitha et Margot ont interviewé Elise Palomares, socio-anthropologue à l’Université de Mont-Saint-Aignan sur le processus de « fabrique d’une nation ». « L’HOMOGÉNÉÏTÉ NATIONALE EST UNE FICTION », un reportage sur l’apparition de la nationalité, du nationalisme et des premières législations qui ont accompagné la création de l’Etat Français. Annabelle Marchioni, juriste au Centre d’Information sur les Droit des Femmes et des Familles de Seine-Maritime, nous rappelle que seul « LE DROIT DÉFINIT QUI EST FRANÇAIS ET QUI PEUT LE DEVENIR « . Le Code Civil ouvre ou ferme les portes à l’acquisition de la nationalité française. Il a suivi les remous de l’histoire et a progressivement dessiné le visage métissé de la France d’aujourd’hui.  « ÊTRE MULTIPLE ET S’IDENTIFIER À QUELQUE CHOSE DE COMMUN » est un reportage réalisé auprès de Hélène du Mazaubrun responsable de la collection ethnographique au Musée de l’histoire de l’immigration jusqu’en 2014. Elle nous rappelle, à un moment où l’on parle de « crispation identitaire », de « crise du sentiment national », que faire partie d’un même pays, c’est avoir une histoire commune et une mémoire collective. 

Un « sentiment national » existe t-il dans notre pays ? Doit-on le  développer et imposer le drapeau tricolore dans les classes d’école et l’apprentissage de la Marseillaise aux enfants ? On pourrait, comme le propose Mona Ozouf, historienne et philosophe, encourager chaque enfant à « connaitre quatre beaux poèmes sur la France en sortant de l’école ».  (Emission Boomerang sur France Inter, 25 mars 2019).  

Delphine Ensenat

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