Du 8 au 15 septembre 2019 se sont déroulées les 6è Journées Nationales d’action contre l’Illettrisme. Partout en France, diverses manifestations ont eu pour rôle de donner « un coup de projecteur pour changer de regard sur l’illettrisme, montrer ce qui marche, mobiliser sur tous les territoires ceux qui agissent aux côtés des personnes en difficulté avec la lecture, l’écriture, le calcul. »


Plus d’infos sur 
www.illettrisme-journees.fr

INVENTER UNE HISTOIRE, RACONTER POUR MIEUX ÉCRIRE

Comment parler d’illettrisme et sensibiliser à ce problème avec « légèreté » ? L’équipe d’Education et Formation de Petit-Quevilly a imaginé l’action « Contez-nous votre histoire  » dans le cadre des Journées Nationales d’action contre l’illettrisme. L’idée est tout simplement de provoquer l’écriture par le jeu collectif.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Education et Formation ? Travaillez vous avec des enfants ?
Fabienne Menardeau : Education et Formation a plus de quarante ans d’existence. C’est un organisme qui a été créé par un homme qui avait une vision moderne de la formation. Il a ouvert des cours aux primo-arrivants pour qu’ils puissent apprendre le français. Puis les cours se sont ouverts aux mathématiques, à l’écriture de CV et aux recherches d’emploi. Au fil des années, Education et Formation a accueilli toutes sortes de publics : des gens qui arrivent en France, des personnes qui ont besoin de se remettre à niveau scolaire, des demandeurs d’emploi. Nous ne travaillons pas avec les enfants mais avec de jeunes majeurs ou à partir de 16 ans si on a l’accord de leurs parents.

Combien de temps durent les formations que vous proposez ?
En général, elles durent plusieurs mois, tout dépend si les personnes trouvent du travail ou une autre formation ente temps.

Pourquoi proposez-vous ce jeu dans le cadre des journées consacrées à l’illettrisme ?
On a constaté que même si on sait écrire, ce n’est pas toujours facile de répondre à une demande d’écriture. C’est une façon d’aborder une production écrite sans se sentir obligé, en jouant et à plusieurs. Cela enlève le stress de l’écrit et conforte dans l’idée que même si on a des difficultés à parler, à lire, ou à écrire, on peut produire.

Quels métiers peuvent faire les personnes qui ont des problèmes d’illettrisme ?
Être illettré, ce n’est pas être « bête », bien au contraire, quand on a des difficultés de lecture, on est obligé d’être plus futé que les autres pour les contourner. C’est la vie quotidienne qui est difficile. Les personnes concernées peuvent faire plein de choses différentes et travailler dans de nombreux domaines.

Dans la vie quotidienne, comment font-elles quand elles ont des démarches administratives importantes à faire ?
Elles trouvent des solutions auprès d’une autre personne, qu’il s’agisse d’une personne professionnelle ou d’une personne de son entourage. Il y a toujours des gens prêts à aider. C’est un peu comme une personne qui a oublié ses lunettes et qui a besoin d’aide pour décrypter.

Que peut-on faire pour qu’une personne n’ait plus de problème d’illettrisme ?
Il faut déjà arrêter de considérer que c’est une tare ou une faute. C’est très difficile d’accepter et d’avouer qu’on a du mal à lire ou à écrire. Cela signifie aussi qu’il y a eu un problème lors de l’apprentissage. Il faut le détecter à l’école avant l’âge de 15 ans.

Propos recueillis par Enzo, Julien et Lohan, ITEP Vallée de Seine, Unité de Grand-Couronne

Nos jeunes reporters sur le terrain !

Quoi de mieux pour comprendre que de se mêler aux joueurs ! Convivialité, entraide et créativité… les mots clés de cet après-midi de jeu.
Deux tables de jeux, deux parties différentes mais le même objectif : inventer une histoire à plusieurs ! Story cubes est un jeu qui se joue avec des dés qu’on lance. Il faut créer une histoire avec les personnages et images qu’il y a sur les dés. Le joueur suivant doit lancer les dés à son tour et continuer à imaginer la même histoire. L’histoire est enregistrée au fur et à mesure sur un téléphone pour pouvoir l’écrire ensuite.
Speech est un jeu de cartes avec lesquelles il faut créer une histoires en s’inspirant des images. Chaque joueur doit poursuivre l’histoire du joueur précédent avec la carte qu’il pioche au hasard. Un des joueurs prend en notes l’histoire au fur et à mesure… Enzo, Julien et Lohan

Il est plus facile d’imaginer la suite de l’histoire quand c’est aux autres de jouer que quand c’est à son tour. Il y a de la créativité – Isabelle, stagiaire à Education et Formation

Il y a plein de choses à partager, à échange, à discuter – Farid, stagiaire à Education et Formation

Les idées viennent toujours en chinois en premier, mais il faut que j’essaie directement de penser en français pour jouer et imaginer la suite de l’histoire – Yang, stagiaire à Education et Formation

Je me suis fait des amis, on a rigolé en inventant des histoires drôles. J’ai ressenti du bonheur pendant que je jouais – Enzo, reporter ITEP Vallée de Seine

J’ai aimé la convivialité du jeu et il y avait beaucoup d’humour dans le groupe – Julien, reporter ITEP Vallée de Seine

Au début j’étais mal à l’aise et ça allait de mieux en mieux au fil du temps. On s’entraidait pour inventer les histoires car sur les six joueurs, il y en avait deux qui parlaient très peu le français. C’est un jeu qui aide à apprendre du vocabulaire. Je me suis bien amusé – Lohan, reporter ITEP Vallée de Seine

Ces jeux enlèvent les barrières et créent des liens entre les personnes. Il y a beaucoup de partage et d’entraide. Les règles peuvent s’adapter aux difficultés des personnes. On a joué avec toutes les cartes et tous ensemble parce que certains avaient du mal à parler français – Amadou, éducateur ITEP Vallée de Seine

Merci à Fabienne Ménardeau, Rosaria Nucifora et Siméon Karova, Education et Formation Le Petit-Quevilly et à Céline Carmona, éducatrice ITEP Vallée de Seine, Unité de Grand-Couronne

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