Archives pour la catégorie Les reportages de Globules

globules n°134 l’humour

Un mode de communication universel

deuxième reportage à lire et découvrir dans notre numéro L’HUMOUR…

L’HUMOUR PERMET DE DIRE BEAUCOUP…

Réalisé par Farid Aït Mada et Emeraude Resse, étudiants auprès de Loic Bonnet est co-directeur du Théâtre àl’Ouest

Loic Bonnet est co-directeur du Théâtre à l’Ouest qui a tout récemment ouvert ses portes (23 février 2017) à Rouen. Totalement consacrée à l’humour, cette nouvelle salle de spectacle invite le public normand a découvrir ou re-découvrir des artistes aussi variés que talentueux… Continue la lecture

globules n°134 L’humour

UN MODE DE COMMUNICATION UNIVERSEL

Reportage à Rouen

Réalisé par Farid Ait Mada et Emma Languin, étudiants auprès de Mathilde Guyant, directrice du festival d’humour Rire en Seine

Rire ensemble et partager un moment. Donner un avis, revendiquer, défendre ou dénoncer. L’humour facilite la communication, aide à passer des messages et peut « sauver » de situations délicates.  Rencontre entre Farid, Emeraude, Emma, nos reporters, et Mathilde Guyant et Loic Bonnet, deux professionnels qui « baignent » dans l’univers du spectacle comique.Deux rencontres…

ÊTRE HUMORISTE UN ENGAGEMENT ET UN PARI SUR SOI

Mathilde Guyant est directrice du festival d’humour Rire en Seine qui prépare sa 8e édition. Les humoristes, les spectacles et les « one man show », font partie de son quotidien professionnel. Continue la lecture

Silence ! Le cerveau enregistre

Souvenir et mémoire…
Silence ! Le cerveau enregistre

Reportage à Gaillon/Rouen

Réalisé par Roselyne Morel, Kevin Gueye, Sara Léonard, Manon Touzé, Faouzi El Ajjaji auprès de David Wallon, Maitre de conférences Universitaire, praticien hospitalier en Neurologie au CHU de Rouen et Directeur du Centre de Mémoire, de Ressource et de Recherche de Rouen

C’est aux premières heures d’un fœtus que la mémoire se forme. Entre souvenirs, mémoire olfactive, mémoire gustative… La mémoire joue un rôle important dans la vie d’une personne. Elle se travaille et parfois nous joue des tours… Nos reporters de l’Espace Condorcet de Gaillon ont cherché à savoir ce qu’est la mémoire, de comprendre la différence entre ce qui relève du souvenir et de la mémoire. C’est auprès de David Wallon, Maitre de conférences Universitaire, praticien hospitalier en Neurologie au CHU de Rouen et Directeur du Centre de Mémoire, de Ressource et de Recherche de Rouen, qu’ils sont allés cherché des réponses sur ce sujet passionnant et complexe. Une interview à garder en mémoire.

Comment se développe la mémoire chez un être humain ?
David Wallon : elle se développe tôt selon un processus complexe. L’homme a une grande capacité d’adaptation qui est en partie liée à sa capacité de mémorisation. Lors de la phase de développement fœtale, le fœtus entend et mémorise des informations : les bruits, la différence entre la nuit et le jour, l’activité de la maman. On sait aussi qu’il mémorise certaines saveurs. Un test réalisé avec des bébés a permis de déterminer cet aspect. On a fait gouter un biberon avec des épices à des bébés, les uns avec des parents habitués à la gastronomie indienne et les autres enfants de parents habitués à la gastronomie occidentale. Statistiquement, les nourrissons dont les parents mangent régulièrement de la gastronomie indienne, ont plus facilement accepté ce biberon que les autres. Pour l’audition c’est bien sûr différent et plus difficile à identifier mais il existe des protocoles de recherche pour prouver qu’une mémoire auditive existe très tôt. Ce qui est intéressant, c’est que l’enfant développe sa mémoire sans être conscient qu’il a en une.

Quelle est la différence entre le souvenir et la mémoire ?
D. W. : la mémoire est une fonction cognitive qui permet de stocker des informations. Les souvenirs correspondent à un type d’information et sont le plus souvent liés à des lieux, à des évènements, à un contexte. La mémoire est une fonction large. Elle stocke les souvenirs et bien d’autres choses comme la connaissance. Par exemple, si je sais que Maupassant était un écrivain ce n’est pas un souvenir mais une connaissance. Pour les gestes, c’est la même chose. Le cerveau enregistre des procédures gestuelles et généralement pas les souvenirs entourant le geste. Par exemple, on ne se souvient pas précisément
« comment » on a appris à faire ses lacets mais on sait le faire maintenant.

Comment notre cerveau fait-il pour stocker les souvenirs lointains ?
D. W. : c’est un des circuits de la mémoire. Il existe beaucoup de régions dans notre cerveau qui interviennent dans ce circuit : la région temporale interne, l’hippocampe, le thalamus… À l’échelle cellulaire, les choses sont moins claires car plus difficile à mettre en évidence. On sait en neuroscience que c’est grâce à la connectivité entre les neurones. Cela peut être enregistré par des électrodes et on voit des modifications électriques qui s’amplifient lorsque le stimulus est répété. Cela traduit donc qu’il y a un effet « mémoire » sur le stimulus. Toutefois, on ne sait pas encore comment cela se passe en détail à l’intérieur de la cellule.

Comment peut-on expliquer le phénomène de « déjà vu » ?
D. W. : pour comprendre le « déjà vu » il faut savoir que le « souvenir » est lié à deux composantes : le contenu en informations vécues du souvenir (le lieu, la date, les personnes présentes etc.…) et le sentiment de familiarité (« je sais que c’est moi qui a vécu cet événement »). Il nous est déjà tous arrivé de vouloir dire quelque chose sur le moment et d’oublier ce que l’on voulait dire. Le contenu est oublié mais le sentiment que l’on devait faire quelque chose est encore là. Pour le « déjà vu » c’est un processus similaire. En temps normal, lorsqu’on rappelle un souvenir, les deux types d’information (contenu et sentiment de familiarité) arrivent en même temps et le cerveau analyse le sentiment de familiarité. En cas d’impression de déjà vu, il y a apparition d’un sentiment de familiarité alors que la situation est en train d’être mémorisée. Cela arrive à tous mais peut être très fréquent pour certaines personnes. Par exemple, c’est ce qui arrive fréquemment pour certaines crises d’épilepsie. Il y a au final, un dysfonctionnement des circuits de la mémoire dans le cerveau et apparition de ce sentiment de familiarité, seul, sans souvenir associé d’où l’impression de « déjà vu ». Il faut comprendre que la mémoire n’utilise pas une case unique pour stocker une information. Le cerveau n’organise pas les choses comme nous ferions pour une bibliothèque ou des idées. Il ordonne les informations par catégories successives :
animaux > félin > lion et associent les catégories entre elles à un moment donné pour reconstituer une information précise… Par exemple, le souvenir d’une voiture nécessite l’image mentale de la voiture, les caractéristiques de celle-ci (marque, modèle, couleur…) et le concept général de ce qu’est une voiture. Ce sont donc des cases différentes qui stockent des parties d’un même souvenir. Certaines maladies affectent certaines cases de cette mémoire plus que d’autres.

Comment cela se fait-il que l’on puisse se souvenir de certains rêves et pas d’autres ?
D. W. : il existe trois types de sommeil : le sommeil paradoxal, le sommeil lent léger et le sommeil lent profond. On se souvient généralement du dernier rêve du matin. C’est lors du sommeil paradoxal que les rêves sont les plus construits avec une histoire, un rebondissement : on dort mais le cerveau est en activité, la mémoire est active comme si on était réveillé. On peut même, parfois, contrôler ses rêves et/ou avoir la volonté de se réveiller. Durant cette phase de sommeil paradoxal il y a un contraste entre l’inactivité des muscles et l’activité du cerveau. Dans le cas de somnambulisme, l’inactivité des muscles ne se fait pas ou pas complètement, le cerveau étant actif, il entraîne la personne à faire des actions pendant le rêve mais pour de vrai. Les personnes atteintes de somnambulisme dorment vraiment. Durant les autres phases de sommeil, le cerveau se repose, les rêves sont peu construits, nébuleux et ne sont pas très clairs. On ne s’en souvient généralement pas ou très mal.

Pourquoi certaines personnes ont plus de mémoire que les autres ?
D. W. : c’est propre aux capacités de mémorisation de chaque personne : plus ces capacités sont développées plus la mémoire est capable de retenir de choses. On naît donc avec certaines capacités mais nous avons tous un minimum commun que l’on peut entraîner et améliorer. Il est vrai que certaines personnes ont une mémoire hors norme.

Est-ce que certaines espèces d’animaux ont plus de mémoire que les hommes ? Avoir une mémoire d’éléphant ?
D. W. : certaines espèces ont une mémoire olfactive plus développée que celle de l’homme comme les chiens ou encore les oiseaux migrateurs qui ont une mémoire topographique plus développée pour pouvoir se rendre en Afrique par exemple. Mais parmi toutes les espèces, l’espèce humaine tire une partie importante de sa capacité à s’adapter à son environnement de sa capacité de mémoire et surtout des multiples types d’information retenus.

Le fait d’inventer une histoire ou un mensonge est-il lié aux souvenirs, à notre mémoire ou cela relève-t-il de l’imagination ?
D. W. : les deux. On parle de défaut de mémorisation en neurosciences. Dans une enquête, la place du témoin à charge est extrêmement importante puisqu’on va se baser sur sa mémoire, sur ce dont il se souvient pour pouvoir avancer. Il a été prouvé que l’homme est capable de dire un mensonge de façon inconsciente. Inconscient dans le fait que plusieurs facteurs peuvent modifier le rappel du souvenir ou de l’information attendue : la situation, la formulation des questions qui vont faire intervenir des émotions vécues par le témoin… On sait qu’une manière plus efficace de déterminer un coupable – pour un témoin à charge – c’est de montrer des photos les unes après les autres. La méthode qui consiste à aligner des coupables potentiels devant le témoin est beaucoup moins efficace et peut avoir de lourdes conséquences.

Comment notre cerveau fait-il pour garder en mémoire des mouvements de danse ou ce que l’on joue avec un instrument ?
D. W. : on appelle cela la mémoire procédurale. Des gestes comme faire ses lacets ou jouer d’un instrument sont mémorisés via des centres situés dans la profondeur du cerveau en faisant interagir différentes structures et des connexions. Même si on sait que la mémorisation pour l’apprentissage d’un instrument est plus complexe et plus lente qu’un simple souvenir, ce circuit résiste plus aux maladies liées à la mémoire. Comme pour toutes les types de mémoire, la concentration vient consolider la mémorisation.

Est-ce que le fait d’écouter de la musique améliore le sommeil ou au contraire le perturbe-t-il ?
D. W. : la musique limite la capacité du cerveau à se reposer. En début de nuit, le sommeil profond permet au cerveau de se reposer de la journée. Si c’est sous la forme d’un rituel au coucher– écouter un peu de musique avant de dormir – pourquoi pas, si c’est une musique de détente. Mais l’idéal est de pouvoir dormir sans bruit dans le plus grand calme.

Comment se développent les maladies telles que l’Alzheimer, la schizophrénie ?
D. W. : pour la maladie d’Alzheimer, c’est l’accumulation d’une protéine dans le cerveau qui provoque des lésions. Cette protéine produit un dérèglement au niveau du cerveau qui ne parvient pas à la nettoyer, ce qui à terme la rend toxique pour les neurones et les tue. Cette protéine en cause s’appelle le peptide amyloïde. Nous ne sommes pas encore en mesure de savoir pourquoi cela se dérègle. Pour le cas de la schizophrénie, ce sont des problèmes de développement du cerveau qui provoque les troubles. C’est donc différent de la maladie d’Alzheimer.

Nait-on dyslexique ?
D. W. : la dyslexie, tout comme l’ensemble des maladies DYS, est liée aussi au développement du cerveau. Cela ne veut pas nécessairement dire que tout se joue très tôt et que les choses se sont passées dans les premières années de vie. On se rend compte qu’il y a eu une génération où de nombreuses personnes étaient atteintes de dyslexie. Cela peut en partie être lié à la méthode d’apprentissage. Heureusement la dyslexie peut être prise en charge et améliorée par des programmes de rééducation qui peuvent même être proposés à l’âge adulte.

Propos recueillis par Roselyne Morel, Kevin Gueye, Sara Léonard, Manon Touzé, Faouzi El Ajjaji – Merci à Vincent Mendy, responsable du secteur jeunes, Espace Condocert de Gaillon.

Dr David Wallon
Service de Neurologie
CHU CH.NICOLLE, 76031 ROUEN Cedex

Espace Condorcet
Centre Social
12 – 14 rue Jean Moulin
27600 Gaillon- Tél : 02 32 77 50 80

Nos autres reportages sont à découvrir dans le nouveau numéro de Globules !